Vous vous rendez directement chez Camille pour vous libérer l’esprit, sortir de l’étau familial qui fait pression sur vous, même si depuis quelques jours vous ressentez de sa part une certaine froideur et entendez moins de rires à vos blagues.
Vous racontez l’échec de vos aveux, mais vous sentez une tension planer au-dessus de vos deux têtes. Voilà que le doute s’insinue :
– Tu m’aimes encore ? C’est quoi cette distance que tu poses entre nous ?
Camille vous regarde un instant dans un silence qui vous tue, jusqu’à ce que ses yeux se remplissent de larmes et que sa bouche prononce les mots qui vous anéantissent :
– Je ne sais pas où est passé le bonheur ! Tu me tires vers le bas. Devoir cacher notre relation à tes parents me met mal à l’aise.
C’en est trop. Vous n’êtes pas coupable. La vie n’est pas toute rose ! Tout le monde n’a pas de famille parfaite comme la sienne, d’amis parfaits comme les siens. Tout le monde n’a pas la facilité d’exposer ses sentiments au grand jour.
Dans un élan mêlé de déception et de colère, vous attrapez votre sac d’une main ferme et claquez la porte de cette chambre où vous pensiez trouver du réconfort. Vous vous précipitez pour sortir de cette satanée maison qui soudain vous oppresse. Vous montez sur votre vélo. La pluie vous fouette le visage et trempe vos cheveux. Vous prenez la route pour partir aussi loin que vous le pouvez. Loin d’ici, loin.